5- Et l’anglais ?
Article mis en ligne le 16 avril 2016
dernière modification le 23 avril 2016

par Philippe Pellicier
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Beaucoup disent que l’anglais est de fait la langue internationale, alors pourquoi l’espéranto ?

L’espéranto présente un intérêt majeur sur les autres langues, c’est sa facilité. Il est possible de parler couramment espéranto en quelques mois, tandis qu’il n’est pas possible de le faire dans une autre langue, loin de là ! Des études ont montré que l’espéranto s’apprend dix fois plus vite que l’anglais. De plus son système logique permet au flux naturel de l’expression de ne rencontrer aucune barrière telles qu’exceptions et irrégularités, ce qui fait que l’on peut s’approprier l’espéranto rapidement. Pour une langue comme l’anglais, on connaît bien le résultat désastreux de l’enseignement scolaire en France. En fait pour parler couramment l’anglais, il faut beaucoup de temps et d’énergie : appropriation de la phonétique délicate, des subtilités et expressions particulières, du vocabulaire immense -beaucoup plus que le français du fait d’une double source à la fois romane et germanique-, de la grammaire floue... Nous renvoyons à l’ouvrage de Claude Piron « le défi des langues » (voir bibliographie) dont voici une citation : « l’anglais n’est pas facile, il est séducteur : il allèche par une apparente facilité au début. Mais il ne tient pas ses promesses. » Même après tous les efforts que l’on a pu fournir, sur un indice 100 correspondant à la pleine possession de sa langue maternelle, celui qui parle couramment anglais (à ce niveau là il n’y a que très peu de monde) plafonnera à un indice 75 à cause des automatismes acquis par l’anglophone de naissance depuis son enfance. Ce qui est vrai pour l’anglais l’est aussi à des degrés divers de toutes les autres langues.

Mais à côté de ces raisons pragmatiques, il en est d’autres beaucoup plus essentielles. L’anglais est la langue dominante à cause de l’hégémonie des Etats-Unis depuis la seconde moitié du 20e siècle. Considérer l’anglais comme langue internationale c’est accepter une uniformisation des cultures de la planète, comme on le voit déjà beaucoup aujourd’hui. C’est conforter la puissance américaine au détriment des autres pays, en particulier des plus pauvres, qui sont obligés de former une élite anglophone ou de faire appel à des intermédiaires, étrangers à leurs cultures, pour défendre leurs intérêts sur la scène internationale largement américanisée. C’est ralentir, voire même anesthésier la recherche des pays qui ne s’expriment pas en anglais. C’est porter une atteinte grave à la sauvegarde de la biodiversité culturelle comme une large majorité des états membres de l’Unesco viennent de le souligner en 2005, par le vote de la Charte pour la biodiversité culturelle. Une telle injustice ne peut constituer la base solide et durable de la mondialisation en cours. Une communication équitable ne peut se faire que si chacun accepte de faire un pas vers l’autre, dans le respect réciproque... Une telle démarche est l’essence même de l’espérantisme.
Ces quelques lignes ne sont qu’une vague esquisse, nous renvoyons à notre bibliographie.



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